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La gestion différenciée : « entretenir autant que nécessaire, mais aussi peu que possible »

Environnement19/08/2026

Moins tondre, moins désherber, moins arroser… mais surtout mieux réfléchir à la manière dont nous entretenons nos espaces verts. C’est le principe de la gestion différenciée que la Ville souhaite progressivement mettre en place dès le printemps prochain.

La gestion différenciée consiste à adapter l’entretien à chaque espace, à son usage, à ses caractéristiques et à son intérêt pour la biodiversité. Tous les espaces verts n’ont pas besoin d’être entretenus de la même manière ni avec la même fréquence. Une pelouse utilisée pour les jeux, un parc, un pied d’arbre, un cimetière, un massif fleuri ou une zone peu fréquentée n’ont pas les mêmes besoins. Certains espaces doivent rester très accessibles et régulièrement entretenus, tandis que d’autres peuvent accueillir davantage de végétation spontanée, de fleurs ou de zones plus naturelles.

Jusque fin novembre, notre service environnement vous propose une série dédiée à la gestion différenciée à suivre également sur notre page Facebook. Un article à découvrir chaque mercredi à midi.

Pourquoi changer nos pratiques ?

Depuis le 1er juin 2019, l’utilisation de produits phytopharmaceutiques, tels que les herbicides, fongicides, insecticides et régulateurs de croissance, est interdite dans les espaces publics wallons. Cette interdiction nécessite de repenser les méthodes d’entretien et d’adapter les pratiques de gestion des espaces verts afin de privilégier des solutions plus durables. L’entretien de ces espaces représente en effet un investissement important en temps de travail, en matériel, en carburant et en eau. Si certaines interventions restent indispensables, d’autres peuvent être réduites ou espacées lorsque l’usage et la fréquentation des espaces le permettent. Ainsi, tondre moins fréquemment certaines zones, privilégier les plantations vivaces, recourir au paillage ou encore aménager des prairies fleuries permettent de limiter les interventions répétitives et d’optimiser le temps de travail des équipes communales. Le temps ainsi dégagé peut être consacré à d’autres missions prioritaires, telles que l’entretien des espaces les plus fréquentés, les plantations, le suivi des arbres, notamment des arbres remarquables, la taille des arbres fruitiers, l’amélioration des aménagements ou encore les interventions nécessaires à la sécurité et à la qualité des espaces publics.

Plus de nature, mais aussi plus de biodiversité

La gestion différenciée permet également de créer davantage de conditions favorables à la biodiversité. Laisser une plante fleurir avant de la couper, espacer les tontes ou diversifier les plantations permet aux insectes de trouver davantage de nectar et de pollen. Les végétaux, les graines et certaines zones moins entretenues peuvent offrir nourriture et refuges à de nombreuses espèces. L’objectif n’est pas de transformer tous les espaces en zones sauvages, mais de faire davantage de place au vivant là où cela est possible et pertinent.

Des sols qui absorbent mieux l’eau

La gestion différenciée concerne également le sol. Un sol végétalisé et vivant peut mieux retenir et infiltrer l’eau qu’une surface compactée ou imperméabilisée. Les plantations, le paillage ou la conservation de sols couverts, et lorsque cela est possible, la désimperméabilisation, permettent de favoriser l’infiltration de l’eau de pluie et de limiter le ruissellement et réduire les risques d’inondation. Ces pratiques contribuent également à mieux protéger les sols contre le dessèchement et les fortes chaleurs.

Ce n’est pas « laisser pousser » !

La gestion différenciée ne signifie pas abandonner les espaces verts ou simplement désherber moins. C’est une autre façon de les gérer. Avant de modifier l’entretien d’un espace, il faut observer et analyser : à quoi sert-il ? Qui l’utilise ? Peut-il accueillir davantage de végétation ? Quel entretien est réellement nécessaire ? Quelles plantes sont adaptées ? Comment favoriser la biodiversité ? Comment mieux gérer l’eau ? C’est à partir de cette réflexion que seront définies les pratiques adaptées : fréquence de tonte, périodes de fauche, choix des plantations, arrosage, désherbage, taille, paillage ou encore évolution de certains aménagements.

Une évolution progressive et réfléchie

Tous les espaces ne pourront pas être gérés de la même manière, et tous ne doivent pas l’être. Les zones de jeux, les chemins, les lieux très fréquentés ou certains espaces nécessitant une végétation courte conserveront un entretien adapté à leur fonction. La gestion différenciée consiste donc à faire le bon entretien, au bon endroit, au bon moment. Moins d’interventions inutiles, plus de temps pour les interventions essentielles, plus de biodiversité et une meilleure gestion de l’eau : la gestion différenciée est avant tout une manière plus réfléchie de prendre soin de nos espaces verts.