Violences sexuelles numériques : mieux comprendre pour mieux agir
Sécurité03/11/2026
Diffusion non consentie d’images intimes, sextorsion, deepnudes… Les violences sexuelles numériques prennent différentes formes et peuvent toucher chacun·e. L’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes lance une campagne d’information pour sensibiliser le public à ces pratiques, rappeler qu’elles sont punissables et encourager les victimes à signaler les faits.
Partager une image intime sans consentement : une violence
La diffusion non consentie d’images intimes consiste à partager des photos, des vidéos ou des enregistrements sonores à caractère sexuel sans l’accord de la personne représentée.
Cette diffusion peut avoir lieu par message privé, sur les réseaux sociaux ou sur des sites internet. Elle ne nécessite pas une publication à grande échelle : transmettre ou montrer un contenu intime à une seule personne suffit pour constituer une diffusion non consentie.
Une fois diffusées en ligne, ces images peuvent circuler rapidement et échapper au contrôle de la victime. Les conséquences peuvent être importantes : honte, stress, angoisse et sentiment de perte de contrôle.
La sextorsion : faire pression à partir d’images intimes
La sextorsion désigne une forme de chantage dans laquelle une personne menace de diffuser des images intimes pour obtenir quelque chose de sa victime : de l’argent, de nouvelles images ou tout autre avantage.
Les contenus utilisés peuvent avoir été envoyés volontairement dans un contexte de confiance, obtenus à la suite du piratage d'un compte ou d'un appareil, ou encore créés à l'aide de l'intelligence artificielle.
Les deepnudes : quand l’intelligence artificielle sert à porter atteinte à l'intimité
Les outils d'intelligence artificielle générative permettent aujourd'hui de modifier des images pour donner l'impression qu'une personne est dénudée ou participe à des actes sexuels, sans que cela corresponde à la réalité.
Ces montages, appelés deepnudes, constituent une atteinte à l'intimité. Leur création est punissable au titre du voyeurisme. Leur diffusion sans consentement est également punissable, au titre de la diffusion non consentie de contenus à caractère sexuel.
Des signalements en augmentation, mais des victimes encore trop peu entendues
Depuis mai 2020, l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes est chargé d'apporter son aide aux victimes de diffusion non consentie de contenus à caractère sexuel. Depuis lors, le nombre de signalements reçus par l'Institut ne cesse d'augmenter.
Une étude menée par l'Institut sur les violences numériques dans le contexte des rencontres et des relations entre (ex-)partenaires en Belgique met en évidence l'ampleur du phénomène :
- 17 % des personnes interrogées déclarent avoir été confrontées à la diffusion non consentie de contenus intimes par un·e (ex-)partenaire.
- Moins de 3 % des victimes déclarent les faits à la police.
La peur des conséquences, les menaces ou encore la crainte de ne pas être prises au sérieux peuvent expliquer ce faible taux de signalement.
Victime ou témoin : ne restez pas seul·e
La diffusion non consentie d'images intimes, la sextorsion et les deepnudes ne sont pas des faits anodins. Les victimes ne sont pas responsables des violences qu'elles subissent et peuvent bénéficier d'un accompagnement.
L'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes invite les victimes à signaler les faits afin de pouvoir être informées et accompagnées dans leurs démarches.
Pour en savoir plus :
- Découvrir les informations et les possibilités d'accompagnement de l'Institut
- Consulter l'étude sur les violences numériques dans les relations entre (ex-)partenaires
- En savoir plus sur l'évolution des signalements auprès de l'Institut
Briser le silence, c'est aussi permettre aux victimes d'être reconnues, écoutées et accompagnées.
