Du « zéro phyto » à la gestion différenciée : pourquoi nos pratiques d’entretien évoluent-elles ?
Environnement26/08/2026
Herbicides, insecticides, fongicides… Depuis le 1er juin 2019, l’utilisation de produits phytopharmaceutiques est interdite dans les espaces publics en Wallonie. Le principe du « zéro phyto » vise notamment à protéger la santé, la biodiversité, les sols et la qualité de l’eau.
Mais zéro phyto ne signifie pas zéro entretien !
Pour entretenir les espaces publics sans produits phytopharmaceutiques, les équipes communales utilisent différentes méthodes :
- désherbage manuel, thermique ou mécanique,
- paillage,
- végétalisation (« Enherber plutôt que désherber »),
- choix de plantes adaptées (en station),
- entretien préventif.
Cette évolution peut également rendre la végétation spontanée plus visible dans certains espaces. Une plante qui pousse entre deux pavés ou au pied d’un mur ne signifie pas nécessairement qu’un endroit est mal entretenu. Lorsque la sécurité, l’accessibilité ou la visibilité ne sont pas en jeu, certaines végétations peuvent être tolérées et même contribuer à la biodiversité.
Mais pourquoi s’arrêter là ?
Le « zéro phyto » nous amène à repenser comment nous entretenons nos espaces publics. La gestion différenciée nous invite à aller plus loin en réfléchissant également à où, quand et à quelle fréquence intervenir.
Tous les espaces ne présentent en effet pas les mêmes besoins
Une aire de jeux, un trottoir, un espace de passage ou une zone très fréquentée nécessitent un entretien régulier. À l’inverse, un talus, une zone périphérique ou un espace présentant un intérêt écologique peut être entretenu de manière plus extensive.
Concrètement, cela peut signifier :
- tondre régulièrement certaines zones,
- laisser d’autres espaces fleurir avant de les faucher,
- favoriser la végétation spontanée lorsque cela est possible,
- maintenir des bandes tondues le long des chemins et des zones fréquentées,
- adapter les interventions aux usages et aux caractéristiques de chaque espace.
Cette approche permet notamment de favoriser la biodiversité, de protéger les sols, de favoriser l’infiltration de l’eau, de réduire certains passages de machines et de mieux utiliser les ressources et le temps des équipes communales.
- Zéro phyto et gestion différenciée poursuivent donc un même objectif : entretenir autrement.
Il ne s’agit ni de supprimer l’entretien, ni de laisser tout pousser, mais de choisir la bonne méthode, au bon endroit et au bon moment, tout en conciliant sécurité, usages des citoyens, qualité des espaces publics et protection de l’environnement
La semaine prochaine, notre article sera consacré à une question très concrète : « Désherber autrement : quelles alternatives aux pesticides ? » Désherbage manuel, mécanique, thermique, paillage, prévention, … Nous vous présenterons les différentes techniques utilisées pour limiter le recours aux produits phytopharmaceutiques.