Enherber plutôt que désherber : la végétation comme alliée
Environnement23/09/2026
Pourquoi certaines zones seront-elles volontairement enherbées plutôt que systématiquement désherbées ? Cette évolution s’inscrit dans la démarche de gestion différenciée que la Ville d’Aubange prépare actuellement, dans la continuité de la tonte différenciée et des prairies fleuries.
L’objectif n’est pas de laisser pousser la végétation partout, mais de lui laisser une place lorsqu’elle apporte un bénéfice, tout en maintenant un entretien adapté à la sécurité, à l’accessibilité et aux usages.
Pourquoi repenser le désherbage ?
Le désherbage demande du temps, du matériel, du carburant et des interventions répétées, parfois pour éliminer une végétation qui réapparaît rapidement.
Depuis le 1er juin 2019, l’utilisation de produits phytopharmaceutiques dans les espaces publics est interdite en Wallonie dans le cadre du « Zéro pesticide ». Les communes privilégient donc des alternatives comme le désherbage manuel ou mécanique, le paillage et l’enherbement.
Lorsque cela est possible, laisser certaines zones se végétaliser permet de réduire les interventions tout en apportant des bénéfices écologiques.
Les avantages de l’enherbement
Une couverture végétale permet notamment de :
- protéger les sols contre le soleil et le dessèchement et favoriser l’infiltration de l’eau,
- favoriser la biodiversité, en offrant nourriture, refuge et habitat à de nombreux insectes et petits organismes,
- réduire certaines interventions d’entretien, permettant aux équipes communales de consacrer davantage de temps à d’autres missions.
Un sol nu n’est pas nécessairement un sol « propre » ou « sain » : le sol est un milieu vivant, essentiel au cycle de l’eau et aux écosystèmes.
Enherber ne signifie pas tout laisser pousser
Certains espaces doivent rester dégagés pour des raisons de sécurité, d’accessibilité, de visibilité ou d’usage. Les trottoirs, passages pour piétons, carrefours et abords des équipements publics continueront donc à bénéficier d’un entretien adapté.
La gestion différenciée consiste à déterminer où la végétation est gênante, où elle peut être tolérée et où elle peut devenir un atout.
Concrètement, qu’est-ce qui va changer ?
La Ville identifie actuellement les espaces où l’enherbement pourrait être mis en place ou renforcé. Les premiers changements seront progressivement visibles dès le printemps prochain.
Selon les lieux, il pourra s’agir de :
- conserver la végétation spontanée,
- installer une couverture végétale ou une prairie fleurie,
- associer enherbement et fleurissement,
- utiliser le paillage lorsque l’enherbement n’est pas adapté.
Ces pratiques pourront notamment concerner certains cimetières, allées et jonctions entre différents revêtements.
Faire évoluer notre regard
Une petite plante au pied d’un arbre ou une zone légèrement enherbée n’est pas nécessairement le signe d’un manque d’entretien. Elle peut être le résultat d’un choix volontaire, visant à réduire certaines interventions et à laisser davantage de place à la nature.
La mise en place de ces pratiques nécessite un travail de préparation : chaque espace est analysé en fonction de son usage, de sa fréquentation, de sa configuration et de ses contraintes.
Il ne s’agit donc pas simplement de désherber moins, mais de repenser l’entretien de nos espaces publics.
Moins de désherbage systématique, des sols mieux protégés, plus de biodiversité : enherber plutôt que désherber, c’est faire de la végétation une alliée et laisser une place à la nature là où elle peut s’exprimer.