Passer au contenu principal
Revenir aux articles

Moins tondre, c’est aussi laisser vivre : quel rôle pour la biodiversité ?

Environnement14/10/2026

Et si une pelouse moins souvent tondue pouvait accueillir davantage de vie ? Et si laisser pousser certaines zones était aussi une manière d’agir concrètement en faveur de la biodiversité ?

Dans nos communes, les espaces verts rendent les quartiers plus agréables, mais ils sont aussi des lieux de vie pour de nombreuses espèces. Insectes, abeilles, papillons, oiseaux ou petits mammifères y trouvent nourriture, abris et parfois des lieux de reproduction.

Dans le cadre de la démarche de gestion différenciée que la Ville d’Aubange prépare actuellement, certaines pratiques d’entretien pourront évoluer. Il ne s’agit pas de laisser les espaces verts à l’abandon, mais d’adapter où, quand et à quelle fréquence nous intervenons.

Pourquoi moins tondre ?

Une pelouse tondue très régulièrement offre peu de fleurs et donc moins de ressources pour la faune. À l’inverse, une végétation plus haute permet à différentes plantes de fleurir et de produire des graines.

Les fleurs fournissent nectar et pollen aux abeilles, bourdons, papillons et autres insectes. Les graines nourrissent certains oiseaux et la végétation plus haute offre des refuges à de nombreux petits animaux.

Une végétation moins rase permet également à l’eau de mieux s’infiltrer dans le sol, un atout particulièrement important lors de fortes pluies.

Moins tondre ne signifie pas ne plus entretenir

Tous les espaces verts n’ont pas les mêmes fonctions. Les zones de passage, les espaces de jeux, les abords des bâtiments ou les lieux très fréquentés continueront à être entretenus régulièrement.

D’autres secteurs, comme certains talus, espaces périphériques ou zones moins utilisées, peuvent être gérés de manière plus extensive. On peut ainsi conserver des zones refuges, laisser certaines parties fleurir ou espacer les interventions.

L’objectif est de trouver le bon niveau d’entretien pour chaque espace.

Quand tondre, quand faucher ?

La fréquence et le moment des interventions sont essentiels. Les espaces destinés à rester courts peuvent être tondus régulièrement, tandis que les zones plus naturelles peuvent être fauchées moins souvent.

Lorsque cela est possible, une fauche peut être réalisée après la principale période de floraison, généralement à la fin de l’été ou au début de l’automne, afin de laisser aux plantes le temps de fleurir et de produire leurs graines. Selon les espaces et les conditions locales, le calendrier pourra être adapté.

Laisser certaines zones évoluer davantage pendant le printemps et le début de l’été permet ainsi aux insectes de profiter des fleurs et à la végétation d’accomplir son cycle naturel.

Un espace naturel n’est pas un espace abandonné

Un espace moins tondu peut avoir une apparence différente : herbe plus haute, fleurs spontanées et végétation moins uniforme. Cela ne signifie pas qu’il est négligé.

Les chemins peuvent rester dégagés, les bordures être tondues régulièrement et les zones de passage continuer à être entretenues. Ces transitions montrent que la végétation est présente volontairement et qu’elle fait partie d’un mode de gestion réfléchi.

Des changements progressifs

La Ville pourrait faire évoluer progressivement ses pratiques de tonte et de fauche en fonction des caractéristiques et des usages de chaque espace.

Certaines zones pourront être tondues moins fréquemment, d’autres pourront accueillir des prairies ou des zones fleuries, tandis que les secteurs nécessitant un entretien régulier continueront à l’être.

La gestion différenciée consiste donc à adapter l’entretien aux besoins de chaque lieu, plutôt qu’à appliquer les mêmes pratiques partout.

Laisser vivre, c’est aussi observer

Moins tondre permet de voir réapparaître des plantes et des insectes parfois moins visibles lorsque la végétation est régulièrement coupée.

Une zone enherbée peut devenir un véritable petit refuge pour la biodiversité. Les fleurs attirent les pollinisateurs, les graines nourrissent certains oiseaux et la végétation offre des abris à toute une petite faune.

La biodiversité ne se trouve donc pas uniquement dans les grandes réserves naturelles : elle peut aussi se développer dans nos parcs, nos quartiers et nos espaces verts, à condition de lui laisser une place.

Moins tondre, c’est entretenir autrement

Réduire la tonte dans certains secteurs ne signifie pas abandonner l’entretien. Il s’agit de passer d’une gestion uniforme à une approche adaptée aux usages, aux saisons et aux besoins de la nature.

En espaçant les tontes, en adaptant les périodes de fauche et en conservant des espaces refuges, nous pouvons offrir davantage de ressources à la faune tout en limitant certaines interventions.

Moins tondre, c’est finalement faire un peu plus de place au vivant.